Collectif de parents endeuillés
par suicide
Lever le tabou.
Mieux comprendre certaines vulnérabilités suicidaires encore mal reconnues.
Nous sommes des parents ayant perdu un enfant par suicide. Nos histoires sont différentes, mais elles nous conduisent à une même exigence : parler du suicide sans simplifier, mieux comprendre les trajectoires qui échappent aux représentations habituelles et agir sur ce qui peut être amélioré.
Parler du suicide sans réduire une personne à son geste.
Nos enfants avaient des histoires différentes. Ils pouvaient être aimés, entourés, intelligents, sensibles, créatifs, étudiants, travailleurs ou parents eux-mêmes.
Le suicide reste entouré de silence, de peur, de culpabilité et de représentations simplificatrices. Nous voulons contribuer à une parole précise, respectueuse et documentée, qui permette de parler du suicide sans enfermer les familles dans la culpabilité.
Nommer le suicide ne le banalise pas. Le silence ne le prévient pas.
Interroger nos représentations du risque suicidaire.
Certaines personnes mortes par suicide ne correspondaient pas à l’image que l’on associe spontanément à une personne en danger. Elles pouvaient travailler, étudier, aimer, rire, avoir des projets, prendre soin des autres et rester profondément vulnérables.
Leur souffrance n’était pas nécessairement visible de manière constante. Certains signes peuvent être discrets, intermittents, ambigus ou difficiles à interpréter.
Vers une réflexion nosologique ?
Nous ne prétendons pas définir une nouvelle catégorie clinique. Nous souhaitons ouvrir une question : existe-t-il des profils ou des trajectoires de vulnérabilité encore insuffisamment décrits ou reconnus ?
Cette question doit être confrontée aux connaissances des cliniciens, des chercheurs, des personnes ayant vécu une crise suicidaire et des familles concernées.
Agir sur ce qui peut être amélioré.
Toutes les morts par suicide ne sont pas évitables. Cette incertitude ne doit cependant pas empêcher d’améliorer ce qui peut l’être dans l’organisation de la prévention, des soins et de l’accompagnement.
Prévenir et repérer
Améliorer le repérage du risque suicidaire et l’orientation vers les ressources adaptées.
Assurer la continuité
Renforcer la continuité entre la crise, les soins, la sortie et le suivi.
Accompagner les proches
Mieux identifier, informer et orienter les familles pendant le parcours de soins et après un décès par suicide.
L’audit systémique
Santé mentale : continuité des soins et deuil après le suicide en Belgique
Déposé au Parlement wallon le 1er septembre 2026, cet audit examine notamment la mesure du phénomène suicidaire, la continuité des soins après une crise suicidaire et l’accompagnement des proches et des personnes endeuillées.
Trois ruptures structurent l’analyse :
la difficulté à mesurer de manière consolidée le phénomène suicidaire ; la continuité insuffisamment garantie après une crise ou une tentative de suicide ; et l’identification et l’accompagnement encore lacunaires des proches et des personnes endeuillées.
L’audit constitue un appui documenté parmi les travaux et expériences mobilisés par le collectif. Il ne résume pas à lui seul la démarche du collectif.
Échanger avec le collectif
Le collectif souhaite échanger avec les familles, les professionnels, les chercheurs, les associations, les institutions publiques et les journalistes travaillant sur le phénomène suicidaire.
contact@collectifparentsendeuilles.be
Collectif de parents endeuillés par suicide — Belgique